Au début était...la photosynthèse. Grâce à elle, les plantes utilisent l’énergie solaire pour capturer le gaz carbonique et le stocker sous forme d’hydrates de carbone, tout en assurant leur croissance. Les premiers hommes ignoraient bien sûr ce processus physico-chimique, mais ils ont vite compris l’intérêt de la « biomasse » pour se chauffer. Employé pour désigner toute la matière vivante, ce terme de biomasse s’applique depuis peu à l’ensemble des végétaux employés comme sources d’énergie. Le bois de feu est bien sûr la plus ancienne de ces sources. Aujourd’hui on peut ajouter la biomasse dite « humide » ; déchets organiques agricoles, déchets verts, boues des stations d’épuration, ordures ménagères qui constituent, à une moindre échelle, autant de sources d’énergie, mais pas forcément très écologiques...
Feu de tout bois
Le bois est sans doute la source d’énergie la plus intéressante dans la problématique des énergies renouvelables. Tout le monde a en tête les dégâts provoqués par la déforestation : mais cette catastrophe écologique touche la forêt tropicale. Rien de semblable en Europe, où la forêt ne cesse de s’agrandir depuis l’industrialisation et l’exode rural. En France métropolitaine, la forêt couvre près de 15 millions d’hectares.
Le bois constitue donc une source d’énergie renouvelable et relativement propre. Sans entrer dans un débat de spécialistes, un petit rappel s’impose ; en brûlant (ou en pourrissant sur le sol), un arbre rejette dans l’atmosphère le gaz carbonique qu’il avait absorbé en grandissant, ni plus ni moins. Dans un pays qui pratique la sylviculture et replante au minimum autant d’arbres qu’il en coupe, le bilan écologique est donc neutre.
Délaissé en raison des nombreuses contraintes qu’il imposait (stockage, manipulation) et du faible rendement des poêles et des cheminées à foyer ouvert, le chauffage au bois a de nouveau la cote. Les chaudières au bois les plus récentes obtiennent des rendements énergétiques très élevés (de l’ordre de 90 pour cent) avec des contraintes réduites puisqu’elles sont automatiques et alimentées par du bois déchiqueté, des copeaux ou des granules. Mais pour l’instant, l’investissement intéresse en priorité les entreprises ou les collectivités ; ces installations permettent par exemple le chauffage de bâtiments publics ou de HLM dans certaines communes.
Essence verte
L’autre atout de la biomasse est la possibilité de fabriquer des biocarburants (le pétrole d’ailleurs appartient à la biomasse mais la durée de son cycle de régénérescence ne permet pas de le classer dans les énergies renouvelables). Il en existe deux types : les éthanols et les biodiesels. Les éthanols, destinés aux moteurs à essence, sont issus de différentes plantes comme le blé, le maïs, la betterave et la canne à sucre. Le procédé consiste à extraire le sucre de la plante pour obtenir de l’éthanol après fermentation. Quant aux biodiesels, ils sont extraits des oléagineux (colza, tournesol, soja etc....) Les esters d’huile obtenus peuvent alors être mélangés au gazole.
En règle générale, ces biocarburants sont mélangés aux carburants classiques, essence et gazole. Ils entraînent alors une petite diminution des rejets de monoxyde de carbone et de dioxyde de carbone, gaz responsable de l’effet de serre. Mais ces biocarburants ont un énorme inconvénient ; ils occupent des surfaces agricoles au détriment des cultures vivrières. Dans l’hypothèse où un pays comme la France utiliserait toutes ses terres arables pour produire du biocarburant, il ne pourrait pas assurer plus du tiers de sa consommation actuelle de pétrole ! Bref, la vogue des biocarburants, soutenue par l’Union Européenne, semble plus découler de la puissance du lobby agricole que d’une démarche raisonnable pour l’environnement...
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