Date de mise en ligne : 19 mai 2009
Un plan en faveur du bois français

Lors d’une visite à Urmatt (Bas-Rhin) mardi, Nicolas Sarkozy a annoncé plusieurs mesures visant à aider la filière bois durement touchée par la tempête de cette année. Ces annonces font suite à la parution d’un rapport commandé à l’ancien ministre de l’Agriculture, Jean Puech, par le Président, suite à son inspection des forêts ravagées le 25 janvier dernier dans le sud-ouest.
L’une des annonces phares de ce déplacement est la multiplication par dix, dès 2010, du seuil minimum d’utilisation de bois dans les constructions neuves. De son côté, l’Etat s’engagera à promouvoir la certification et l’emploi de bois certifié dans les constructions publiques. « La France a une consommation de bois dans la construction trois fois moindre que les Etats-Unis et cinq fois moindre que la Finlande ou le Japon », a-t-il déclaré pour justifier cette mesure.
Autre avancée importante, la France expérimenterait un marché d’échange de permis visant à valoriser le stockage de carbone dans le bois. En cas de succès, ce mécanisme serait promu au niveau européen lors des discussions sur la convention Climat fin 2009.
Ces deux mesures devraient sur le long terme concourir à une augmentation du prix du bois en France. La dispense de permis de construire pour tout propriétaire utilisant du bois pour l’isolation thermique de sa maison par l’extérieur et l’augmentation du tarif de rachat d’électricité pour les unités moyennes de production à partir de bois, aussi évoqués par le Chef de l’Etat lors de son déplacement, viendront renforcer cette tendance.
Pour apporter une réponse rapide aux sylviculteurs du sud-ouest durement touchés par la tempête, le Président a aussi annoncé la mise en place avant fin mai de 600 millions d’euros de prêts bonifiés pour le financement du stockage du bois abattu par la tempête Klaus. Il a aussi demandé à la filière de se restructurer et a annoncé à cet effet la création d’un fonds d’investissement de 20 millions d’euros (100 millions à terme) qui serait souscrit par les groupes Eiffage, Crédit agricole, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et l’ONF. Avec cet apport, le Chef de l’Etat souhaite voir entrer au moins un scieur français dans le top 20 européen.
Enfin, pour inciter les propriétaires de forêt à mieux gérer leur patrimoine (ou pour contraindre les petits propriétaires à se regrouper), le Président a également annoncé que les aides publiques et exonérations fiscales seraient conditionnées à l’exploitation de la forêt. A cette fin, l’Office National des Forêts pourra, dans le respect du droit de la concurrence, proposer un mandat de gestion annuel aux propriétaires privés de forêt non exploitée.