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Date de mise en ligne : 22 avril 2009

2009 : année noire pour les FCPI ?

Depuis quelques temps, les FCPI n’ont pas bonne presse. Il faut dire que les résultats des premiers FCPI lancés à la fin du siècle dernier ont souvent été largement dans le rouge faisant perdre à leurs souscripteurs plus que la réduction d’impôt initiale. A l’inverse, les gérants de ces fonds, qui n’ont pourtant pas toujours fait preuve de perspicacité, ont été plus que grassement rémunérés avec des commissions annuelles allant jusqu’à 5% de l’encours initialement versé, ce qui explique souvent une bonne partie de la moins-value constatée...

Pourtant, tous les FCPI ne sont pas à mettre dans le même panier. Certains ont affiché de beaux résultats. Et somme toute, du fait des agréments AMF, ces véhicules demeurent un moyen relativement structuré d’investir dans le marché du non coté.

Mais 2009 pourrait bien faire déchanter les derniers aficionados de ce type de placement et ce pour trois raisons :

- La crise actuelle a fait apparaître que certains gestionnaires de FCPI, qui avaient paru plus méritants que d’autres, avaient en fait tout simplement pris plus de risques : en effet, les FCPI ne sont tenus d’investir sur le non coté qu’une partie des fonds collectés. Le reste peut, selon la politique de la société de gestion, être placé en monétaire, obligataire, titres côtés ou non cotés. Or, on s’est aperçu qu’un certain nombre de ceux qui avaient affiché par le passé de belles performances le devaient en fait à un investissement massif et peu prudent sur des titres cotés qui ont connu de belles performances avant 2008. Mais, la valeur de leurs actifs s’est évidemment effondrée en 2009 (jusqu’à -30% sur une année pour certains FCPI) et ceux qui pensaient avoir placé leurs économies dans un secteur peu corrélé aux marchés financiers en ont été pour leur poche. Le plus grave est que ces gérants justifient leur politique et maintiennent le cap pour 2010 avec une exposition importante sur des titres boursiers. Or, sans sombrer dans le pessimisme, on ne peut nier qu’il existe un risque non nul d’effondrement des marchés boursiers avant la fin de l’été. La performance des rares fonds qui avaient réussi à faire bonne figure jusqu’au début de l’année risque donc d’en prendre encore un sérieux coup.

- Mais au-delà des titres cotés qui ne sont pas normalement la tasse de thé des FCPI, c’est aux titres non cotés que pourrait rapidement s’étendre la dépréciation. Pour l’instant, la valeur des PME n’a que peu chuté en comparaison de leurs sœurs du CAC40. Certes, leur activité a ralenti. Mais on continue d’agir comme si la baisse des résultats n’était que temporaire... Certains parlent de reprise à l’automne. Pourtant, de plus en plus d’échos nous laissent entendre qu’on devrait déjà s’estimer heureux si on échappe à un effondrement généralisé du système financier et que la sortie de crise se fera au mieux par une forte inflation et une augmentation généralisée de la pression fiscale. Dans ce contexte, les pépites, brillantes ou non, seront soumises à rude épreuve, et certaines mettront même la clef sous la porte. La loi TEPA ISF contribue également au maintien de cette bulle artificielle : les holdings ISF, qui ne disposent que de quelques mois pour placer l’argent qu’elles ont collecté, se font une concurrence énorme pour entrer au capital des quelques sociétés qui répondent au cahier des charges draconiens que leur imposent leurs investisseurs (société ayant déjà un business modèle avéré, une taille minimale, des perspectives alléchantes...). Tout ce petit monde, auquel viennent s’ajouter les FCPI qui sont sur le même segment, se bouscule au portillon. Et on en arrive à voir des augmentations de capital à des prix qui ne sont vraiment pas raisonnables et que l’avenir ne manquera pas de démentir. En outre, il y a un intérêt partagé à sauver la face jusqu’à la fin de la période de collecte 2009 (c’est à dire jusqu’au 15 juin).

- Enfin, la possibilité de sortie avant l’échéance de ces véhicules pour cause de licenciement du porteur de parts ou de son conjoint pourrait disparaître. Avec 800 000 destructions d’emplois prévues en France en 2009, et peut-être autant en 2010, les FCPI pourraient être contraintes de fermer le robinet avant que la baignoire ne soit vide. Les cadres qui constituent le gros de la clientèle de ces fonds ne sont pas épargnés par le phénomène.





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