Date de mise en ligne : 11 juillet 2006
Tarifs de rachat des énergies renouvelables : signé n’est pas joué

Le gouvernement fera courir le suspense jusqu’à la dernière minute : annoncés en mars, repoussés à la mi-juin, puis au tout début juillet, les tarifs de rachat de l’électricité produite à partir des énergies renouvelables (éolien, solaire photovoltaïque, biomasse, hydroélectricité,…) tardent à paraître, mettant à rude épreuve les nerfs des investisseurs et des porteurs de projets.
Nouvelle procrastination, le ministre délégué à l’Industrie, François Loos, a finalement annoncé hier lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion de la PPI 2005-2015 (Programmation Pluriannuelle des Investissements de production électrique) avoir signé le 10 Juillet les arrêtés révisant les tarifs d’obligation d’achat et avoir par ailleurs lancé la procédure d’appel d’offres pour des centrales de production d’électricité à partir de biomasse pour 300MW.
Mais le Ministre est resté bien discret sur le contenu de ces arrêtés dont il nous faudra maintenant attendre la parution au Journal Officiel. Tout au plus pouvait on lire ce matin dans la Tribune que le tarif de rachat du kilowatt heure éolien on-shore serait porté à 8,2 c€ pendant 10 ans, ce qui pourrait indiquer (mais nous attendons la parution des arrêtés pour en savoir plus), d’une part, la fin de la décroissance du tarif de rachat au bout de 5 ans comme cela était précédemment le cas, mais aussi une réduction de la durée du contrat d’achat qui était préalablement de 15 ans.
Cette modification de la grille tarifaire serait une excellente nouvelle pour les projets de vent moyen voire faible. Elle devrait en effet abaisser sensiblement la limite des 2000 heures de fonctionnement annuel en deçà de laquelle il est communément admis qu’un projet éolien n’est plus rentable. Pour autant, cette réduction de la durée fera planer une ombre sur les investisseurs qui devront faire le pari d’un maintien ou d’une augmentation des prix du courant au-delà de la période d’obligation d’achat dont la durée est maintenant insuffisante pour assurer à elle seule la rentabilité des projets sauf cas exceptionnels.