Date de mise en ligne : 31 mai 2006
Charbon, le retour
La société Vattenfall a commencé en Allemagne la construction d’une centrale thermique au charbon de 30 mégawatts. L’installation doit être opérationnelle en 2008 et sera la première au monde à utiliser le procédé dit "oxyfuel" : Le charbon est brûlé non dans l’air, mais dans un mélange gazeux constitué essentiellement d’oxygène. On obtient ainsi du CO2 très concentré qui peut être liquéfié puis stocké sous terre, au lieu d’être rejeté dans l’atmosphère.
L’installation servira de prototype à la construction, entre 2012 et 2015, d’une plus grosse centrale de 300 mégawatts. "A partir de 2020 au plus tard, toutes les nouvelles centrales seront construites avec cette technique", assure Damian Müller, porte-parole de Vattenfall Europe.
Le charbon semble donc à nouveau d’actualité, à cause de la flambée des prix du pétrole et des menaces sur l’approvisionnement en gaz russe. La société allemande Deutsche Steinkohle a même demandé l’autorisation d’ouvrir une nouvelle mine de charbon à coke. Ce n’était pas arrivé dans le pays depuis des décennies.
Toutefois, ces centrales au charbon de la nouvelle génération ne règleront pas tous les problèmes. Les associations écologistes dénoncent le coût élevé et les risques liés au stockage souterrain du CO2. Autre sujet d’inquiétude : ce stockage ne concerne que le CO2. Or, la combustion du charbon dégage d’autres gaz nocifs pour l’environnement ; dioxyde de soufre (SO2) et Oxyde d’azote (Nox). Le retour du charbon pourrait donc déboucher sur le retour en force des « pluies acides » dénoncées dans les années 80 , et du smog, ce brouillard de pollution qui enveloppait plusieurs villes européennes, comme Londres, dans les années 60.
Raoul Damien