Date de mise en ligne : 6 mars 2006
Biocarburants, un REPER de bonnes idées

L’utilisation de l’huile végétale de colza, pure ou en mélange, en remplacement du gasoil comme carburant pour les véhicules fait des émules.
Contre l’avis du Préfet qui a porté plainte, la Communauté de Communes de Villeneuve sur Lot fait en effet tourner depuis le 21 octobre 2005 une dizaine de camions du service de voierie municipale uniquement à l’huile végétale de colza. En ce faisant, elle a rejoint 8000 français qui roulent quotidiennement avec de l’huile végétale. Plusieurs autres villes lui ont emboîté le pas.
Pourquoi cet engouement pour l’huile végétale ? Plusieurs raisons peuvent être invoquées :
l’huile végétale est un biocarburant et son impact sur l’effet de serre est donc nul ;
son coût est inférieur à celui du gasoil ce qui permet faire rimer environnement et économie ;
cette nouvelle production tomberait à pic pour une agriculture française concurrencée de toutes parts par de nombreux pays aux coûts de main d’oeuvre plus faibles ;
l’utilisation de cette huile n’entraîne aucune modification au niveau des moteurs dont elle n’altère pas la durée de vie.
Rien n’est pourtant gagné pour l’huile végétale de Colza.
D’abord, ses détracteurs ne manquent pas de faire remarquer que la surface agricole de l’hexagone ne suffirait pas à produire la quantité de carburant nécessaire à un pays comme la France. D’autres évoquent la pollution des sols et des nappes phréatiques qui résulterait d’une culture extensive du colza. Mais personne ne parlant aujourd’hui de substituer intégralement les dérivés du pétrole par de l’huile. Dans la lutte contre l’effet de serre, tout gain est bon à prendre.
Ensuite, cette fausse nouvelle idée circule depuis plusieurs dizaines d’années et son développement est pour le moins poussif. Selon l’association « REPER » (carbiol.europe@wanadoo.fr) qui promeut ce carburant, l’État français freinerait en effet des quatre fers sur ce dossier. Certains ne manquent pas d’évoquer le manque à gagner sur la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) à laquelle l’huile végétale comme les autres biocarburants n’est pas soumise. L’État se trouverait en situation de conflit d’intérêt comme d’ailleurs sur le dossier du tabac. Les lobbies pétroliers ne seraient pas non plus complètement absents de ce débat… Preuve en est que le gouvernement favorise aujourd’hui l’utilisation, mais à des taux bien moindres, de biocarburants dans l’essence produite par les raffineries…
Toujours est-il que ce carburant a été tout bonnement banni de France par le code des douanes qui rend hors la loi les utilisateurs de cette huile sur les voies publiques. Une directive européenne (2003-30), non transposée en droit français, donnerait pourtant tord au législateur.