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Date de mise en ligne : 15 avril 2006

Date de dernière modification : 24 avril 2006

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Êtes-vous éolienne des villes, ou éolienne des champs ?

Qui, se promenant à la Défense, tenant fermement sa casquette à deux mains sous l’Arche gigantesque, ne s’est interrogé à l’occasion sur la possibilité de capter le vent urbain ? L’éolienne des villes déferlera-t-elle un jour sur nos tours ?

L’éolienne urbaine, juchée sur le toit des immeubles, produisant une énergie suffisante à l’autoconsommation de ses occupants, risque de rester au stade du fantasme pour encore de nombreuses années. C’est en tout cas ce qui semble ressortir d’une étude de l’ARENE Ile-De-France présentée jeudi 13 avril lors du café énergie organisé par l’EDIF.

De nombreuses contraintes devront en effet encore être surmontées avant de pouvoir développer de tels produits à l’échelle industrielle. Si quelques références européennes semblent fonctionner, leur implantation et leur contribution à la production d’électricité demeure aujourd’hui encore très anecdotique.

Première difficulté et pas des moindres : le prix. Oscillant entre 2.5 et 11Keuros du KW installé (à comparer à environ 1.1Keuros du KW installé pour leurs gigantesques consoeurs des champs), ces éoliennes, même bénéficiant d’un crédit d’impôt de 50%, n’ont tout bonnement aucune chance de produire un courant compétitif. Selon l’ARENE, le prix moyen du kwh serait ainsi de l’ordre de 20 centimes d’euros. Pas facile à rentabiliser lorsqu’on sait que le tarif de rachat le plus élevé dépasse à peine les 8 centimes d’euros du KWh.

Le prix n’est d’ailleurs pas le seul problème à une injection dans le réseau. Trop petites, sans inertie suffisante, ces éoliennes semblent incapables de produire un courant stable de 220V à 50Hz. Du coup, les kits de raccordement au réseau sont hors de prix et prévoient des batteries pour stocker le courant « hors gabarit ». Bonjour le rendement et le respect de l’environnement...

Dans la série des contraintes, car elles sont nombreuses semble-t-il, il faut ajouter un problème de masque car une bonne partie du vent incident est détourné par l’immeuble sur lequel est positionné l’éolienne . Pour en capter la plus grande partie, il faudrait en théorie positionner l’éolienne sur un mât d’une hauteur égale à la moitié de celle du bâtiment... Et celui-ci génère en outre des turbulences dont on sait depuis longtemps qu’elles font mauvais ménage avec la longévité des éoliennes.

Pour finir avec les mauvaises nouvelles, rien de tel qu’un peu de réglementation... Si elles sont loin de jouir de la même rentabilité que les grandes rurales, les petites urbaines bénéficient par contre de tous les maux de leurs aînées... La loi française considèrerait ainsi que l’immeuble sur lequel trône l’éolienne s’apparente au mât de cette dernière. S’il mesure plus de 12m (5 étages), elle ne déroge pas au permis de construire. Et dès 2007, elle rentre dans le périmètre des Zones de Développement Eoliennes. Au-delà de 50m de haut, elle ouvrira même droit à l’enquête publique... Et que dire des relations de bon voisinage avec les antennes hertziennes et de téléphonie mobile...

Bon, il y a aussi quelques points positifs que nous nous devons de signaler. Dans sa version « axe vertical », l’éolienne des villes supporterait très bien les turbulences. Elle serait en outre silencieuse et ne vibrerait pas.

Malgré ce bilan peu glorieux, plusieurs pays, dont les USA et le Japon, ont lancé des programmes de recherche visant à pallier ces défauts. Gageons pourtant qu’il faudra patienter plus d’une décennie avant que des progrès significatifs ne soient accomplis dans ces domaines.

Le café parisien était-il trop énergétique ? En tout cas, l’éolienne des villes n’a pas réussi ce soir à nous faire vraiment rêver.





En bref...

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