Date de mise en ligne : 2 février 2005
Date de dernière modification : 2 février 2005
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Énergie des vagues et de la marée
Il y a longtemps que l’homme caresse l’espoir de dompter la puissance de la mer. Les marins, qui lui témoignent un grand respect, savent que l’océan, même quand il n’est pas en fureur, est le lieu de forces gigantesques.
Si on se limite aux seules marées, on estime ainsi à environ 2.5 térawatts l’énergie qui est communiquée par l’attraction de la lune et du soleil aux liquides en mouvement. Mais comme pour l’énergie solaire, seule une infime partie de ce gisement pourra être exploitée.
Dans le monde, le projet phare pour l’utilisation de l’énergie marémotrice est l’usine de La Rance (Ille-Et-Villaine, France). Unique au monde par sa taille (il produit à lui seul plus de 90% de l’électricité marémotrice mondiale), cet immense barrage de 750 mètres de long capable de retenir 180 millions de m3 a été construit en 1960 et mis en service en 1967. Après presque quarante ans de bons et loyaux services, l’usine a fait la preuve de sa viabilité technique (le système de protection cathodique anti-corrosion utilisé a permis de maintenir la structure métallique en parfait état) et économique puisque le KWh produit revient à environ 2.75 c€, soit moins cher que le KWh nucléaire. Mais l’investissement initial pour ce genre de projet reste colossal et le bilan écologique a été controversé (si la faune et la flore semblent avoir retrouvé un équilibre, il y a eu destruction quasi-totale de l’ensemble du site précédent... et les courants marins ont été modifiés).
D’autres projets tout aussi gigantesques ont été envisagés puis abandonnés pour des raisons à la fois techniques et financières : ainsi le projet « Coriolis » en Floride qui prévoyait l’implantation de 242 hydrauliennes de 91 mètres de diamètre dans le Gulf Stream ou le « Tidal Bridge » (pont à marée) qui devait relier les îles Samar et Dalupiri en Thaïlande avec 274 turbines...
Aujourd’hui, le pays le plus en pointe pour la recherche dans la production d’électricité à partir de l’énergie de la mer est sans conteste le Royaume-Uni. Preuve d’un début de maturité de l’industrie, les projets envisagés sont moins ambitieux mais plus réalistes que leurs aînés.