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Lundi 21 Mai 2012 09:56

Dernière modification le 18/11/2002
Sujet : Énergie éolienne
Thème : Le pour et le contre
Région : Languedoc-Roussillon
Pays : France métropolitaine
Zone : Europe occidentale

Source : La Dépèche
Paru le 15/11/2002
Cliquez pour voir l'article d'origine

Eoliennes et paysages: débat énergique à Conques

AUDE - ENVIRONNEMENT Une centaine de personnes ont échangé leurs points de vue hier au gymnase.

Il n'y avait pas beaucoup de chaises vides hier soir au gymnase, lors du débat organisé par l'agence méditerranéenne de l'environnement (AME), intitulé "Eoliennes et paysages: où sont les limites de l'acceptable?". Certains même, des vignerons du Minervois emmenés par Philippe Costes, le président du cru, sont restés debout, la moue dubitative. Une façon certaine de manifester, et leur scepticisme, et leur colère, sur la façon dont l'implantation des parcs, sauvage pour beaucoup d'Audois concernés, a été menée. Le ton ne va ainsi pas tarder à monter, quoique restant, justement, dans les limites de l'acceptable.

TROP TARD?

Un débat chahuté donc, démocratique mais sans plus: beaucoup d' "anti", et peu de "pros" pour faire la balance. Chacun a malgré tout pu exprimer son point de vue, ce qui était l'objectif de l'organisateur. "L'AME a organisé ces débats parce que personne ne l'a fait avant nous (ndlr, on comprend qu'il y ait du mécontentement aujourd'hui). Nous ne voulons pas prendre position pour ou contre les éoliennes mais seulement que les gens se rencontrent. Il s'agit simplement de les sensibiliser afin qu'ils y voient plus clair", confiait, avant le début des "hostilités", l'attaché de presse de l'AME, Franck Billeton. Animés par Antoine Spir, journaliste à France Culture, les débats - au nombre de huit, à raison d'un par mois (il s'agissait hier du second, après Sigean et avant Lunas, dans l'Hérault) - sont censés se limiter à un parti pris: le paysage. Très rapidement toutefois, l'échange se libère et les thèmes abordés au fil des prises de parole s'élargissent. Une expo photo vient compléter les discussions, pour ceux (rares on en conviendra) qui voudraient se rendre compte de ce qu'est une éolienne. Enfin, des animations auprès des lycéens (café-débat) et des écoliers (ateliers pédagogiques) sont prévues. Le tout est suivi par des sociologues, "armés" de questionnaires à remettre à la sortie, destinés à "recueillir un avis le plus objectif possible de la façon dont le public appréhende l'installation de parcs éoliens". A partir des éléments fournis, un guide sera réalisé à l'intention des communes porteuses de projets. Dans 10 mois. A la question "N'est-ce pas trop tard?", un grief qui reviendra plusieurs fois dans la soirée à propos de l'organisation du débat, Franck Billeton répond qu' "il y a encore beaucoup de projets dans les cartons des élus. Ça vient un peu tard c'est vrai, mais pas trop tard". Venons-en au débat. Un vigneron de Laure-Minervois commence: "J'ai l'impression que vous arrivez un peu tard (ndlr, on vous le disait...). Votre souci est louable mais la destruction du paysage est déjà bien entamée". Jacques Monrozier, président d'une association anti-éoliennes, précise: "Le terme de fermes éoliennes n'est pas approprié. Il s'agit en fait de sites industriels. Il y a des zones pour ça". Et de demander "pourquoi ces éoliennes alors qu'elles ne servent pas (ou peu) la production d'énergie?"Un spécialiste répond: "L'objectif visé par l'Etat pour les parcs éoliens est d'atteindre en 2010 21 % des consommations du pays".

INTERLOQUE

A propos du site d'Avignonet-Lauragais, un architecte du CAUE (Conseil en architecture, urbanisme et environnement) se demande "de quel paysage on parle? De celui des gens de passage sur l'autoroute, qui le voient défiler pendant trente secondes? De celui des habitants, qui se l'approprient?". Les gens rigolent. Philippe Costes, le président du syndicat de cru minervois, qui était resté silencieux jusqu'alors, prend le micro. Il se dit "interloqué par cette réunion, quand à ce jour neuf permis d'implanter sont déposés dans le minervois. C'est trop tard (encore...), l'inacceptable est arrivé. Avignonet a été un déclic, c'est l'exemple de ce qu'il ne fallait pas faire". Il regrette "l'absence de législation sur les éoliennes", et qu'il ait été fait "n'importe quoi en matière d'implantation". Nombreux applaudissements. Vient le tour d'une "pro": "Je ne vais pas me faire applaudir mais je voudrais dire que j'aime beaucoup voir tourner les éoliennes, surtout celles à trois pales... C'est vrai, je n'en vois pas de chez moi". "Aaahhh", fait le public. Elle continue: "Je suis étonnée que cela déclenche un tel tollé, alors que le bétonnage des côtes ou les pylônes des lignes à très haute tension ne l'ont pas fait. Ça fait une centaine d'années que l'Homme modifie le paysage, heureusement sinon on vivrait encore dans des grottes. On n'est pas une réserve d'indiens, on doit pouvoir se développer..." Voilà qui a le don d'énerver M. Palanque, commerçant à Carcassonne, qui se déclare écoeuré. S'adressant aux animateurs, qui ne sont quand même pas à l'origine des éoliennes, il fustige: "Vous bousillez notre belle région, c'est du mépris porté aux Audois. Les éoliennes, mettez-les en mer et nous on reste tranquilles". Réponse d'un représentant de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie): "Si demain on venait dire qu'on installe une centrale atomique, c'est exactement les mêmes arguments qui sortiraient". "Ayatollah de l'écologie!", lance un homme d'une voix forte. "On voit le niveau", glisse notre voisin de banc...

Pascal CHARRAS

Voir les autres informations :

(1) La loi prévoit qu'EDF achète l'électricité à un tarif alléchant aux installations à la production n'excédant pas 12 MW. D'où les installations jumelles...



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