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Lundi 21 Mai 2012 09:33 |
Source : le Midi Libre Paru le 15/10/2002 Cliquez pour voir l'article d'origine Séduction, répulsion autant en emportent les éoliennes
A l'évidence, l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement (AME) comble une lacune. En suscitant le débat sur les limites de l'acceptable en matière de centrales éoliennes, elle crée un espace d'expression jusqu'ici assez inexistant. Au cinéma de Sigean, dans l'Aude, le premier des huit débats prévus dans les départements concernés a réuni 150 personnes. "Il y a une demande d'information, de confrontation d'idées" s'empresse de dire Monique Fauré, sociologue à l'association Solagro (Toulouse). Avec une collègue, elle a bâti un questionnaire que les participants remplissent, pour partie avant le débat, et finalisent après. L'éolien, et les projets qui s'y rapportent, nombreux dans la région, méritent concertation. Faut-il rappeler que la France s'est engagée à produire, d'ici 2010, 21 % de son électricité à partir d'énergies renouvelables? En Languedoc-Roussillon, on évoque la possibilité d'implanter des projets éoliens sur 21 % du territoire. Département phare: l'Aude qui totalise actuellement 60 % des 3 500 MW de projets déposés auprès de Réseau de Transport Electrique (RTT). Autant dire que les populations sont soucieuses de bien mesurer l'impact. Deux heures durant, adeptes ou détracteurs des "moulins à vent" ont livré engouement ou craintes. Les deux camps s'accordent sur plusieurs points, notamment: "promouvoir le référendum local en matière d'environnement" et "soumettre les projets d'éoliennes à l'enquête publique". Réflexion d'un retraité de Sigean: "Il ne faut pas laisser s'implanter ces installations dans l'anarchie". L'éolienne est certes un choix de société. Mais, en général, ce n'est pas sur la philosophie des énergies renouvelables que le désaccord intervient. "C'est l'éolienne qui cache la forêt. L'élément visuel dissimule le reste. L'individu ou le groupe s'arrête à la vision esthétique" retient Monique Fauré. Un élu de Leucate confirme cette approche: "A Leucate, notre paysage a changé. Certains mois de l'année, tous les habitants d'un quartier sont contraints de fermer leurs volets en fonction des flashs lumineux des machines. On ne voit plus les Corbières mais des éoliennes". Une habitante de Fitou est encore plus catégorique: "C'est intolérable. Dur au quotidien. Ça fait du bruit. Excusez-nous de vouloir vivre!". Pour l'association "Vent de colère", qui se dit favorable aux énergies renouvelables, l'opposition se place sur un autre plan: "On est contre, car le processus n'est pas transparent. C'est seulement du domaine des élus, pas des populations. Il faut que la question soit publique, avec un cadre réglementaire". Les défenseurs de l'éolien, à l'instar de Maryse Arditi, mettent l'accent sur la moindre incidence des machines: "Il y a bien pire que les éoliennes dans un paysage. Et puis c'est réversible!". Un ancien viticulteur de Lagrasse, 76 ans, va droit au but: "Quand on a installé le nucléaire, nous a-t-on demandé si c'était acceptable? La pollution visuelle, c'est rien à côté du risque nucléaire". Le maire de Portel-des-Corbières regorge d'enthousiasme: "Nous avons accueilli la première ferme éolienne de France, en 1983. Il n'y a pas d'opposants. Dix communes se sont fédérées sur l'éolien dans le cadre de la communauté de communes Corbières-Méditerranée. Nous, on a instauré la concertation et on ne dépassera pas l'acceptable". Les opérateurs, présents dans la salle, se sont attardés sur le respect des contraintes. Tout en assurant: "dans les communes concernées, nos réunions publiques reçoivent un accueil favorable". Seul problème: ce sont toujours un peu les mêmes personnes que l'on y voit. Dans l'Aude, la création d'une charte départementale de l'éolien d'ici la fin de l'année ira peut-être vers davantage d'appropriation. En tout cas, vers une vigilance accrue.
Anthony JONES
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